Obtenir Adobe Flash Player

Faune & chasse durable

Accueil > Faune & chasse durable > Ethique et sécurité > Rendre les honneurs au gibier

Rendre les honneurs au gibier

Evocation d’une tradition

 

Qui n’a pas en mémoire ces images de sonneurs de trompe devant un tableau de chasse à la lueur de flambeaux ? Malheureusement, « rendre les honneurs au gibier », comme on le faisait jadis dans toute chasse qui se respecte, est une tradition qui a tendance à se perdre (surtout pour le petit gibier). Et pourtant, ce témoignage d’un respect pour l’animal, même après sa mort, mérite de se perpétuer.

 

Tradition germanique ou latine ?

            Il existe deux manières de présenter un tableau de chasse : l’une ayant des racines germaniques et l’autre issue des traditions françaises.

 

Qu’elle que soit la méthode choisie, ce rituel est empreint de révérence et de dignité. Il commence dès l’instant où le chasseur, après le signal de fin de battue, vérifie le résultat de son tir. C’est à ce moment que la « bouchée » (rameau d’une essence noble, telle que le chêne, le hêtre, le douglas ou l’épicéa), est introduite de biais dans la gueule de l’animal. Cette marque d’honneur, accordée seulement aux mâles dans certaines régions, l’accompagnera jusqu’au tableau de fin de journée.

 

Le tableau sera toujours dressé de manière prestigieuse. Une clairière ou le centre d’une ferme rendent le moment plus solennel. Les animaux seront disposés avec délicatesse, idéalement sur un tapis de branches de résineux (ou de feuillus, à défaut). Cela symbolise la dernière « reposée ». Chaque animal sera présenté couché sur son flanc droit (afin que le cœur soit vers le haut), la tête faisant face à l’assemblée.

 

            Dans le cas d’une chasse au grand gibier, les animaux seront agencés comme suit :

-          les cerfs, biches et faons au premier rang ;

-          les sangliers au deuxième rang ;

-          les chevreuils au troisième rang ;

-          les renards, ratons-laveurs et chiens viverrins en dernière position.

 

La brisée (rameau d’une essence noble) sera posée sur l’épaule de chaque animal : cassure vers l’avant pour les mâles et vers l’arrière pour les femelles. Cette brisée peut être dédoublée afin de dissimuler une blessure trop voyante sur le corps de l’animal. La bouchée et la brisée ne sont pas remis au dernier rang.

 

Au sein de chaque rangée, selon la tradition allemande, les plus beaux mâles seront installés à l’extrême gauche du lit de branches, puis les autres seront positionnés par taille décroissante. Viendront ensuite les non-boisés : biches, bichettes et faons. On fera de même avec les sangliers et les chevreuils, sur leurs rangées respectives.

 

Selon la tradition française, on peut également organiser son tableau par rangées en plaçant le plus bel animal au centre, suivi de part et d’autre des autres mâles, puis des femelles et enfin des jeunes de l’année.

 

            Une fois le tableau dressé et illuminé par un brasier ou des torches, la cérémonie peut commencer. Le directeur de battue, positionné à côté du tableau et faisant face aux chasseurs, invitera ceux-ci à se découvrir. Il reprendra le déroulement de la journée en félicitant certains pour leur adresse tout en leur remettant la brisée qui leur revient et en taquinant d’autres pour leur infortune. C’est également le moment idéal pour remercier chacun d’avoir respecté les règles de sécurité et pour remercier les traqueurs et autres intervenants pour leur participation.

 

Ensuite, place aux sonneurs de trompes ou de cors. Les honneurs sont ainsi rendus en musique suivant des « fanfares » adaptées au gibier tiré et à la situation. Après cela, il n’est pas interdit de se remémorer les moments forts de la journée, en toute convivialité.

 

Et pour le petit gibier ?

La façon de faire décrite ci-dessus peut s’appliquer au petit gibier (positionné par espèce : mâles et femelles les uns à côté des autres si le nombre est quasiment semblable ou ordonnés comme pour le grand gibier dans le cas inverse). Ici aussi, on utilisera un support végétal pour le tableau, afin que les animaux ne soient pas en contact direct avec le sol. Eventuellement, suivant le nombre de pièces prélevées, on peut envisager, comme c’est parfois le cas en France, de les disposer de manière circulaire (avec la possibilité de les centrer d’après un repère comme la fontaine d’une ferme par exemple).

 

Ainsi perpétuée, cette tradition ancestrale conscientise le chasseur dans son acte de prélèvement et lui permet de rendre hommage à ces animaux qui le font vibrer tout au long de l’année.

Faune & Biotopes
en action